“CULTIVER L’ÉTUDE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES ET FAVORISER LEUR DIFFUSION„

L’Institut Grand-Ducal a été créé en 1868, dans le « but de cultiver les sciences, les lettres et les arts » et est composé aujourd’hui de six sections dédiées à l’histoire, aux sciences naturelles et mathématiques, à la médecine, aux arts et lettres, à la linguistique, l’ethnologie et l’onomastique et aux sciences morales et politiques.

La section des sciences morales et politiques recouvre notamment la philosophie, les sciences sociales, politiques et économiques, et la science juridique. Il réunit des personnes qui, par la valeur de leurs travaux scientifiques, méritent d’être réunies en un collège représentatif des branches du savoir définies ci-dessus.

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29/11/2016conférence henri goedert1815 - la confédération germanique (der deutsche bund)un nouveau port d'attache pour le luxembourg17.30 | chambre de commerce, 7, rue alcide de gasperi, luxembourg-kirchberg

Pourquoi parler en 2016 de la Confédération germanique (der Deutsche Bund), association assez lâche qui a regroupé, de 1815 à 1866, une quarantaine d’États « allemands », des plus grands (Autriche et Prusse) aux plus petits (Liechtenstein), en passant par des puissances moyennes comme le Grand-Duché de Luxembourg ?

On peut, comme cela se fait fréquemment en pareille circonstance, invoquer un anniversaire, le 200e en l’occurrence. La Confédération germanique ayant été créée en 1815, on tombe un peu à côté. Mais il existe une possibilité de rattrapage : la Diète (Bundesversammlung) de la Confédération a tenu sa première réunion le 5 novembre 1816, au palais Thurn und Taxis à Francfort-sur-le-Main. Cette fois, le compte y est.

Cela dit, il existe des raisons plus fondamentales pour s’intéresser à la Confédération germanique, même en 2016.

Le Deutscher Bund a constitué le cadre géographique et politique à l’intérieur duquel s’est déroulée une longue étape de l’histoire du Luxembourg moderne : une bonne cinquantaine d’années, ce qui n’est pas rien dans la vie d’un pays dont l’existence étatique n’en compte pas plus de deux cents.

Dans notre histoire constitutionnelle, la Confédération germanique reste toujours présente en arrière-plan, même si on y fait rarement référence de façon ouverte, un peu comme si on éprouvait de la gêne devant cette période où le Luxembourg faisait partie de l’orbite germanique et où la ville de Luxembourg était l’une des cinq forteresses fédérales du Bund. L’octroi de la Constitution d’Etats de 1841 de même que la révision constitutionnelle autoritaire de 1856 peuvent être reliées à des dispositions figurant dans les traités fondateurs du Deutscher Bund ; et des cicatrices de la révision de 1856 restent visibles dans notre Constitution jusqu’à nos jours.

Il est aussi une raison plus contemporaine de s’intéresser à la Confédération germanique, à savoir les rapprochements qu’on peut faire entre elle et l’Union européenne. Le Deutscher Bund est, dans l’histoire, l’un des rares exemples de confédération, association d’États plus lâche que la fédération, à laquelle on l’oppose habituellement. L’Union européenne, conglomérat difficile à classer, offre avec la Confédération germanique des points de ressemblance frappants mais aussi des différences. Les uns comme les autres invitent à la réflexion.